Ceci n'est pas un titre. Merci Did'.

Je crois que, très prochainement, dans un futur proche, dans un avenir qui me paraît non loin, bientôt, sous peu, dans peu de temps, je vais faire une overdose.
Une grosse.

Je ne sais pas encore ce qu'elle sera, comment elle se manifestera, si elle sera positive ou négative, mais l'implosion me paraît non seulement inéluctable mais surtout très prochaine. Ca serait presque cool que ça soit une explosion. Enfin je me fais pas trop d'idées, je sais bien qu'il va rien se passer, que dans deux jours ça ira mieux en apparence et que mes fantômes seront repartis dormir au cimetière en attendant une nouvelle occasion de sévir.

Mais enfin quand même, il me semble être très proche du point de rupture. Le présent me paraît si moche. Le passé je m'en souviens pas, ou je ne veux pas m'en souvenir parce qu'il s'y est rien passé qui m'intéresserait de me souvenir, et le futur me fait passablement peur. Enfin seulement le futur proche; je peux bien me réfugier dans un futur lointain, mais ces rêves d'une vie meilleure, enfin non, pas meilleure, différente, ne mènent nulle part, même si c'est pas forcément une mauvaise destination.

Je souhaite cultiver l'absurde tout en étant cohérent. C'est-à-dire que je souhaite faire pousser un arbre sans tronc ni feuilles, construire un maison sans toit ni murs, faire du vélo sans roue ni jambes.

Je ne souhaite pas pour autant l'impossible. Ce que je souhaite est impossible mais je ne le souhaite pas pour cette raison. Et hypothétiquement il est possible, mais pas maintenant.

Je souhaite aussi me déshabiller intégralement tout en étant invisible. C'est-à-dire, je vais donner l'image à l'envers maintenant, que je veux que tout le monde me connaisse dans ma totalité, mais seulement dans la totalité que je souhaite. Autant dire plus simplement que je veux que les autres me voient comme je souhaite qu'ils me voient. C'est trivial, mais pas si évident que ça au fond. Je ne souhaite pas purement et simplement leur plaire, je veux qu'ils soient conscients de toutes les facettes qui me composent, même celles qui sont négatives, qu'ils me considèrent dans mon entier et ne fassent pas de métonymie à leur insu en parlant de moi. Bien sûr, et là c'est évident, je ne veux pas qu'ils soient au courant de ce dont j'ai honte, il en va presque de soi. Mais je souhaite qu'ils soient au courant que j'ai honte, simplement pour avoir honte et être fier d'avoir honte. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour être fier. Comme pour la lâcheté. Je suis fier de ma lâcheté et de ma honte, mais seulement quand je suis seul, sinon j'ai plus simplement honte et rien d'autre.

Je suis tellement plat, fade, insipide, simple, prévisible, faible, pessimiste, quand mon corps s'exprime mais quand ce sont mes mains condamnées qui parlent, j'ai un goût, fut-il répugnant.

Je ne sais comment m'y prendre pour mettre la sauce, la consistance.
Ou plutôt je ne fais que le savoir.

# Gepost op donderdag 26 november 2009, 13u40

Gewijzigd op vrijdag 27 november 2009, 11u58

Koblet.

Je ne peux même plus écrire tellement je penserais ce que j'écrirais.

# Gepost op dinsdag 24 november 2009, 11u17

Parenthèse inintéressante et futile, mais ô combien destructrice. Pauvre petit que je suis.

Un rendez-vous chez la conseillère d'orientation, ça tue. J'arrive pas à me faire à l'idée qu'aller en prépa me fera perdre la totalité, l'entière totalité complète de tous mes amis.

Irrémédiablement.



[Mon Dieu, c'est fou ce que je me sens stupide et faible en relisant cet article. C'est tout sauf du stoïcisme s't'article, même si voilà, donc ouais euh bref, c'est fou comme je peux me sentir bête alors que je le pense encore réellement, c'est fou de se sentir bête mais de trouver légitimes ces pensées bêtes. Mais après je suis un humain, je suis pas une entité abstraite qui poste des textes anonymes et qui parait ne pas vivre. Non j'ai une vie et elle influence et dirige ce que j'ai écrit. C'est dur à accepter quand même. J'ai l'impression que la trivialité est la pire des tares, et pourtant je l'étale tout au long de mes journées, impunément, et le soir, je me punis verbalement, je me juge, alors qu'au final, ça ne m'apporte rien, si ce n'est écrire, et je crois que maintenant cette excuse je la trouve bidon, elle justifie tout trop facilement, c'est nul de se dire "peu importe ce que je pense, au moins c'est ça qui m'a fait écrire" Je m'étais jamais rendu compte que c'était à ce point stupide et fermé. Moi qui me croyais comme j'le balance à longueur de temps ultralucide et tout ce que je veux, conscient des contradictions qui me composent, je viens de découvrir un nouveau pan de ma personnalité, et en écrivant cela je mens encore en y croyant vraiment, tout ça pour vous duper. Mais il faudra que je me fasse à l'idée que je n'ai pas besoin de vous duper. Déjà parce que ça sert à rien - ça c'est nul, pas assez bien pour mon orgueil - mais parce que quoique je dise vous le prendrez pour vérité puisqu'étant la seule source. Je complique toujours mes propos pour embuer l'horizon, mais c'est inutile et surtout subjectivement imperceptible, et comme j'écris convenablement - disons longuement pour être objectif - que lorsque je suis lu, eh ben là je sais plus comment finir ma phrase. Bref je me retrouve là face à mes limites.]


Deuxième entre crochets : j'ai relu le premier entre crochets. On comprend presque rien hein? Ou alors on le devine et vous êtes bons. Bon alors je vais l'éclaircir : il veut simplement dire que je vis et que je suis médiocre et très loin de ce que je prétend, et aussi que le fait de le dire m'en rapproche, et surtout, encore et toujours, et je me sens obligé de le préciser à chaque, je ne sais pourquoi, que tout cela ne sont que contradictions théoriques insensées et qu'au final je ne sais moi-même pas ce que je pense, ne pouvant séparer le blanc du jaune dans cette omelette crue. Alors au final, je vais simplement faire ce que je fais d'habitude, non pas parce que c'est ce que je veux et crois réellement, mais parce que je ne suis pas capable d'autre chose, je dirai simplement que ceci n'est qu'écriture et que la Vérité n'est qu'un fumet indisctinct qui se promène entre ses mots, n'en choisissant aucun en particulier, se contentant de répandre son odeur, sa douce odeur de Mensonge. Triste comble pour cette Vérité qui s'insulte elle-même par ces mots.




# Gepost op donderdag 19 november 2009, 11u37

Gewijzigd op vrijdag 27 november 2009, 12u28

Surenchère de médiocrité.

J'étouffe littéralement. La superficialité ne m'a jamais autant tué. Je n'ai jamais eu autant l'impression de vivre dans une sous-nation alors que je ne suis ni nationaliste, ni patriote, ni quoique ce soit.

Simplement, tout le monde paraît être plus con que son voisin.

Atroce, terrible, horrible, moche, ignoble, désespérant, gravissime, stupides, idiots, crétins, pâles copies, façades, devantures, fades, inintéressants, incapables, incultes, médiocres, cataclysmique, catastrophique.

Irrémédiable.

C'est dans ce mot que le pire réside.

Je crois très sincèrement avoir peur comme jamais je ne l'ai eu.

# Gepost op zondag 15 november 2009, 13u28

Je suis extralucide de ma lucidité, c'est tout.

Hier soir j'ai pensé à une belle phrase. C'est oi qui dit belle phrase, donc ça veut juste dire, en langage normal "j'ai pensé à une phrase contradictoire". (J'adore me traduire, je me trouve intelligent après).

Laquelle était : "Je lutte pour défendre ma lâcheté."

Alors?

Bref. Je l'explique, plutôt. Pour une fois racontons ma vraie vie.

Hier soir, après une soirée déprime comme je les aime (j'hésite à mettre un "pas" entre parenthèses, je sais pas ce que j'en pense à vrai dire), je fais comme d'habitude, je me dis que je vais me coucher et que ça va passer, et je regarde finalement la télé (y'a rarement de la pure merde dans ces cas-là, mais j'ai jamais su pourquoi). Bon, je me retrouve donc devant la 3, un documentaire sur le mur de Berlin. J'avais même pas percuté que c'était bientôt les 20 ans. Il présentait toutes les tentatives - réussies - d'évasion, par ordre chronologique. A vrai dire, là ça m'a pas fait grand chose. Juste un documentaire quoi, on est un petit peu intrigué, un tout petit peu choqué. Il est fini, je zappe sur la 6. Là on s'en fout, mais je me rends compte en fait qu'aujourd'hui rien a changé. (Quel constat!) Je rezappe parce que je trouve ça nul. Re-la 3. Y'avait un autre doc sur le même thème. La Stasi cette fois-ci. Gros choc. Le documentaire était, je pense, presque comme les autres, mais pour une fois j'avais décidé de ne pas juste le regarder mais d'y réfléchir. Déjà je trouvais facile les silences qu'on laissait pendant les interviews et les gros plans sur les yeux brillants d'un mec qui collaborait et balançait un ami. (je simplifie grossièrement, parce qu'aujourd'hui, en fait, je crois que je m'en fiche).

Bref. Je vais me coucher, et me dis que, tout ce qui est politique, principes, guerre, libération, en bref engagement, moi j'y toucherais jamais et c'est plus important aujourd'hui. Je fais semblant de ne rien ressentir devant ces gens qui sont prêts à sacrifier n'importe quoi pour une idée. A vrai dire, c'est à cause de mon orgueil, je ne veux pas me dire qu'ils ont plus de courage que moi. D'où cette question que je me suis posée : faut-il encenser le courage et réprimer la lâcheté?

On a envie de dire oui hein? Entre un mec qui se fait emprisonner parce qu'il a voulu libérer 3 pélos de chez eux, et celui qui reste chez lui à se chier dessus, notre choix est vite fait. Il faut quand même avouer que c'est facile de présenter les choses comme ça.

Je me disais donc que, tant pis, moi je serais lâche, j'ai pas envie d'aller en prison (j'ai peur de rien bouffer, moi le maniaque de la bouffe) ni de risquer ma vie, oui, je préfère crever écrasé par un vélo que parce que j'ai pensé ça et non ça. Et puis, sursaut d'orgueil : "Non! Je serais pas lâche! J'écrirais des trucs super engagés!"
Toujours ce gros trip de l'écriture comme seule issue hein, désolé, je suis si idiot. Bon, je me suis vite rendu compte que écrire des trucs engagés, c'était justement l'être, et qu'on risquait presque autant sa vie à écrire des "trucs engagés". Je me croyais toujours en temps de guerre en fait. Parce que les trucs engagés que je chéris tant, aujourd'hui, y'en a tellement qu'ils sont même plus engagés. J'avais toujours pas la solution pour satisfaire mon orgueil. Oui, je veux pas être comme les autres, bien sûr, comme tout le monde.

Nouvelle solution donc : je serai engagé dans ma lâcheté. A vrai dire, je l'ai pensé seulement par le jeu des contradictions, et non pas par conviction. Je me suis dit que (je m'en suis dit pas mal, des trucs, en fait. C'était ma seule solution de pauvre petit qui veut oublier sa pitoyable vie qu'il déteste tant et qui le fait taaaaant souffrir. Ôôôôô pauvre de moi.) que que que, euh, ah oui que finalement, être lâche, c'était aussi dur - ou plus, mais ça c'est encore mon orgueil qui me l'a fait penser - que d'être courageux. Oh, bien sûr, on est d'accord, c'est faux. N'empêche, si on y réfléchit, assumer sa lâcheté, c'est faire preuve de courage.

Là je me suis retrouvé pour la enième fois (ça peut, sans exagérer, se compter en milliers je pense, tant j'ai pratiqué ce machin de merde qui m'énerve tellement je l'adore.) face à un cercle vicieux : assumer sa lâcheté, c'est finalement être courageux, et dans ce cas on n'est plus lâche, mais pourtant on est quand même pas courageux puisque précisément on est lâche.

Voilà, tout est dit : j'étais content. Comme pour tous mes problèmes, j'avais la solution : la non-solution.
Quand j'ai un problème, j'essaye pas de le résoudre, j'essaye de le démonter, c'est affreux de conséquences, mais je sais faire que ça. J'avais donc démonté le problème de la sorte : je pouvais être lâche autant que je voulais car j'assumais cette lâcheté, ce qui était quand même trèèès courageux, et j'avais donc pas besoin d'être courageux pour réussir.

Alors bien sûr (j'aime cette expression je crois, c'est mon côté faux-pédagogue, ou démago, jsais pas), puisqu'aujourd'hui je dis tout ça, c'est que je me rends compte que ce que j'ai dit est faux et que j'ai donc conscience de ces absurdités. J'en viens donc à un autre problème.

Je suis tellement lucide que je ne le suis plus. (Encore une "belle" phrase.) En fait, je suis conscient de tout ce que je fais. Là je mets en marche mon esprit critique attention : enfin je crois être conscient de tout ce que je fais, et là je suis conscient que je ne suis pas conscient, mais du coup je le suis, c'est terrible.
Voilà, ça c'était mon faux esprit critique, je le fais passer pour un esprit critique mais ma seule capacité c'est de savoir retourner les mots pour les faire mentir (mais enfin là je fais vraiment preuve d'esprit critique puisque je me rends compte de ça, non? Non. Enfin si. Mais je peux pas me le dire, je suis tellement sûr d'avoir un esprit critique surdéveloppé, une conscience hors du commun que je me dis que (en fait je dis "je me dis que" pour pas dire "je pense", ça fait trop je trouve) ce ne sont que balivernes et qu'il est facile de se rendre compte de ses fausses capacités et de jouer le jeu.)

Voilà donc un problème que je ne résoudrai jamais, j'en ai bien peur. Suis-je réellement plus que conscient de toutes mes pensées, ou bien fonctionné-je seulement par contradictions sans me rendre compte de rien?

Se poser cette question, ce serait prouver que je suis bien conscient de tout ça, puisque je suis capable de me la poser.

Eh bien, justement, je crois que non.

Ce que j'arrive seulement à faire, ce n'est pas porter un jugement sur mes actes dans le but de les corriger, ça j'en suis totalement incapable. Ce que je fais, c'est simplement analyser mes phrases quasiment seulement que d'un point de vue grammatical ou purement linguistique, pour en tirer de fausses conclusions qui ne sont que le contraire de la pensée pensée. (c'est pas une faute de frappe).

Et là, hop, c'est reparti : "oui mais me dire ça c'est un vrai jugement puisque je me rends compte que c'est un faux jugement que je porte".

Donc en fait, je crois finalement que, comme je l'ai dit, j'y répondrais jamais à cette fichue question. Et ça va me en thé toute ma vie, peut-être, ça va hanter ce que j'écris en tout cas.

# Gepost op maandag 02 november 2009, 08u40

Gewijzigd op vrijdag 27 november 2009, 12u38